header

Site Internet édité par la municipalité de Puy-Saint-Gulmier (63470, Puy-de-Dôme)

Retrouvez toutes nos informations sur la commune : actus, vie communale, associations, cultures et loisirs, vidéos...

Mairie de Puy-Saint-Gulmier

63470 Puy-Saint-Gulmier
Tél. 04.73.79.90.93

Permanences :
Mardi : de 13 h 30 à 17 h 30
Jeudi : de 8 h 30 à 12 h 30


FORMULAIRE DE CONTACT

Communiqués de la mairie

Inscrivez-vous pour recevoir par courriel les communiqués de la mairie.
J'accepte les Conditions d'utilisation

Météo

vendredi 3 juillet 2020
Puy-Saint-Gulmier
Sam
partiellement nuageux
10 oC
23 oC
Actuellement
peu nuageux

peu nuageux

12 °C

Pression :1023

Humidité : 71 %

Visibilité : 10000 m

Vent : 1 km

Levé : 4H05

Couché : 19H42

Dim
nuageux
12 oC
25 oC
Lun
couvert
oC
19 oC
mures.jpg
Très présente dans le Massif central, la fluorine a été pendant longtemps exploitée pour le compte de l'industrie, notamment à Puy-Saint-Gulmier. Aujourd'hui, elle est très recherchée des collectionneurs.

Texte : Véronique Feuerstein / Photos : Jean-Paul Boulay

Article paru dans la revue Massif Central n° 126, avril 2018

© Jean-Paul Boulay
© Jean-Paul Boulay
© Jean-Paul Boulay
© Jean-Paul Boulay
© Jean-Paul Boulay
© Jean-Paul Boulay

Jean-Paul Boulay, Jacques Jalicon sont des collectionneurs passionnés de fluorine. « Les minéraux, c'est un peu comme les champignons, on ne donne pas ses coins » souligne Jean-Paul Boulay, en nous faisant découvrir avec fierté les spécimens de sa collection qui tapissent les vitrines de sa maison. Mais pourquoi la fluorine ou fluorite (fluorure de calcium naturel) attirent-elles tant les collectionneurs ? Ils apprécient ce minéral pour sa forme souvent cubique mais surtout pour sa grande variété de couleurs, vert, rose, violet, bleu, jaune, orangé, incolore. Les spécialistes le qualifient d'ailleurs de minéral arc-en-ciel. Le minéral suscite aussi de nombreuses convoitises. Musées et connaisseurs privés se disputent les groupes de cristaux les plus gros et les plus esthétiques pour plusieurs milliers d'euros.

Les minéraux bleus du Puy-de-Dôme ou roses comme dans le massif du Mont Blanc sont mondialement réputés. Mais ils ne sont pas toujours récoltés en toute légalité car pour pouvoir prospecter dans une carrière ou un terrain, il faut obligatoirement l'autorisation du propriétaire.

Seul minerai de fluor, la fluorine est en outre recherchée par l'industrie sous l'appellation commerciale de spath fluor. Utilisé comme fondant en métallurgie, le minerai devient liquide à partir de 1360°, il permet de dissoudre les minerais de fer ou d'aluminium comme le ferait l'eau avec le sel. Il a aussi d'autres qualités. Transparent, il dévie la lumière visible de manière à peu près constante et il est à ce titre utilisé dans les optiques à fort grossissement. Ce minerai est également l'une des matières principales pour la fabrication du fluor et de l'acide fluorhydrique. D'autres débouchés s'offrent encore à la roche dans le monde des matières plastiques (Téflon) résistantes à la chaleur et aux produits chimiques.

Le Massif central était un centre important dans la production du spath fluor surtout pour la métallurgie avant qu'il ne soit concurrencé par la Chine. En inondant le marché de produits de qualité proposés à très bas prix, la Chine a provoqué un effondrement des cours et une fermeture progressive des mines. Les ensembles filoniens jalonnaient les sillons houillers de Noyant (Allier) à Decazeville (Aveyron) et les bassins de Langeac et de Brassac.

Dès la fin du XIXe siècle, les richesses des sous-sols attisent la convoitise des hommes. Puy-de-Dôme et Haute-Loire recèlent des gisements. Certains font l'objet d'importantes exploitations qui se sont échelonnées entre la fin du XIXe siècle et le XXe siècle. Dans les Combrailles (Puy-de-Dôme), Le Beix, situé sur la commune de Saint-Germain-près-Herment, est le plus important. Son nom fait encore frissonner les collectionneurs de minéraux, car il évoque de grands cubes de fluorine bleue contrastant avec du quartz blanc.

Exploité dès 1900, ce gisement produisait un minerai extrêmement pur quasiment exempt d'impuretés. En 1906, la concession est récupérée par les établissements Teisset-Kessler, rachetée en 1958 par Péchiney-Ugine-Kulhmann. Le directeur de la société dès 1914 était Louis Sire qui, pour la première fois en France, installa la perforation mécanique à la mine du Beix. Après plusieurs essais d'agrandissement, l'infrastructure est jugée inadaptée à une production importante en raison de sa taille réduite et des conditions d'extraction. Malgré cela, elle aura une activité continue jusqu'en 1977 et aura fourni 386.000 tonnes de spath fluor de 1906 à 1977.

Le « bleu gitane » de Puy-Saint-Gulmier

A quelques kilomètres de là, à Saint-Jacques -d'Ambur, se trouvait l'exploitation de la Martinèche (dite « La Barre »). Le filon fournissait de petites quantités de fluorine livrées par voitures à chevaux et même à vaches aux fonderies de plomb de Pontgibaud. Cette mine est reprise par la Compagnie Alès-Froges et Camargue, future Péchiney, en 1908. Après avoir produit 80.000 tonnes, la mine ferme en 1948, malgré des tentatives de reprise ultérieures. Ce site est très réputé en minéralogie pour ses cubes de fluorine bleue. Tout proche, Puy-Saint-Gulmier présente un intérêt industriel modeste. Son exploitation commencée par de petits investisseurs dans les années 20 s'est rapidement arrêtée dans les années 30. Mais, il est réputé pour ses plaques de cubes de fluorine dite « bleu gitane ».

La Haute-Loire a pendant longtemps été en tête de la fourniture de fluorine en France. La mine de Marsanges, proche de Langeac, fut la plus emblématique en raison de son filon, le plus important d'Europe, par sa taille et par la qualité de son minerai composé à 70-80 % de fluor alors que les autres gisements de Haute-Loire, La Drey et Chavaniac-la-Fayette ne dépassaient pas 7 à 8 m de long pour une qualité de 45 à 55 % de fluor.

Situé en bordure du bassin houiller de Langeac, le secteur de Barlet-Marsanges intéressa d'abord les prospecteurs d'antimoine qui se tournèrent ensuite vers la fluorine. Plusieurs concessions furent instaurées sur le gisement ce qui explique pourquoi certains filons furent exploités en même temps par différents entrepreneurs. En 1927, la compagnie AFC (future Péchiney) racheta la grande concession de Barlet tandis que la famille Plantin-Lebra conserva celle de Marsanges.

Des géodes et des « écrins de pierreries »

La production de l'ensemble des filons exploités sur la zone de Barlet-Marsanges depuis 1872 par les différents concessionnaires est estimée à 1.330.000 tonnes. Elle représentait environ 30 % de la production nationale. Dans les années 60, la Haute-Loire n'intervenait plus que pour 15 % de la production nationale. L'activité cessera dans les années 70. La mine de Marsanges ferme en 1975 et celle de Barlet en 1977.

Ce gisement restera mondialement célèbre pour avoir fourni de magnifiques cristallisations qui peuvent s'admirer dans de nombreuses collections publiques ou privées. Alexis Chermette, géologue, en avait d'ailleurs fait un compte-rendu qui a fait rêver des générations de collectionneurs de minéraux : « On constate assez souvent, suivant l'axe des filons, des géodes allongées, parfois de grandes dimensions, garnies de gros cristaux cubiques vert émeraude ou bleu prune, fluorescents, pouvant rivaliser avec les plus beaux spécimens du Derbyshire ou du Cumberland. Nous avons pu admirer ainsi, en juillet 1923, dans le filon du Communal, une géode assez spacieuse pour qu'un homme pût y tenir à son aise, toute resplendissante à la lumière de mineurs, de magnifiques cubes de fluorine dont certains dépassaient 20 cm de longueur d'arête, plus ou moins recouverts de cristaux pyramidés de quartz dont le scintillement des facettes rehaussait encore l'éclat de ce merveilleux écrin de pierreries ».

La dernière mine de fluorine a fermé en France en 2006. Malgré des réserves encore notables, nul ne sait s'il existe une chance que l'industrie du spath fluor renaisse en France. Pourtant notre pays importe 100.000 tonnes par an. Un projet verra peut-être le jour à Antully, dans le Morvan, mais dans l'immédiat il est ajourné en raison d'un contexte géo-économique peu favorable. « Ces projets de carrière ou de mine soulèvent souvent l'opposition des riverains pour des motifs écologiques mais il semble que les mentalités évoluent car les habitants de certaines régions voient aussi l'impact que ces ouvertures pourraient créer sur l'emploi » conclut Jean Féraud, ancien ingénieur du Bureau de Recherches Géologiques et Minières.